I woke up in a strange place

blog. avec de tout et de rien. prépa, rock'n'roll et tca. just me. pas toujours au 1er degré. pas toujours très compréhensible. parfois plutôt abstrait. pas facile à décrire.

mercredi 14 novembre

41. at first sight.



Aujourd'hui, on m'a dit que j'avais un " visage limpide ".



(EDIT, le 26 novembre au matin : " more details coming soon..."

Le 10 décembre au soir : finalement pas tout de suite... )

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mardi 06 novembre

40. " You think you do, but you don't. "

À mon extinction de voix a succédé une bronchite. J’ai toussé, toussé, toussé. Un soir j’ai tellement toussé que j’ai cru que j’allais étouffer pour de bon. J’ai eu très peur. Mourir par suffocation, ça ne doit vraiment pas être drôle.
Ça a fini par se calmer, pour devenir un rhume trainant. Maintenant, je vais à peu près mieux.

Quelques jours de vacances, à dormir, dormir et dormir. Faire le plein de films sur une télé à l’écran tellement grand que ça en devient obscène. (Mr le copain à ma mère en a fait l’acquisition depuis peu.) (J’ai parfois l’impression qu’il essaie d’enfermer ma mère dans une forme de matérialisme superflu, tout en étant assez égoïste et peu généreux. Pas le genre d’homme à faire beaucoup de gros cadeaux. Mais à acheter une belle télévision, de beaux accessoires de cuisine, en rappelant que c’est bien à lui, et qu’il faut lui être redevable. etc.)
Faire du lard aussi. Je sens que je vais avoir du mal à rentrer dans mon jean. Ne pas y penser.

Avant les vacances, j’ai passé cinq semaines sans rentrer « chez moi » le week-end. Le premier week-end, parce qu’une amie d’une amie fêtait son anniversaire. Les suivants, parce ma mère et celui qui lui sert de copain les passaient à se disputer. Pas envie de supporter ça. De toute façon, je ne m’y sens pas chez moi. Vraiment pas.
Ce déménagement n’était pas forcément une bonne chose. Mais ce n’est pas nouveau.
Des semaines plutôt agitées.
Je m’inquiète pour ma mère. Quand elle me dit que « c’est l’enfer », j’ai mal.
Elle regarde de temps en temps les annonces immobilières, en alternant avec des périodes où elle dit qu’elle va rester là, en attendant
Cette semaine, ça allait plus ou moins, Monsieur étant parti chez ses parents malades. Mais depuis qu’il est revenu, l’atmosphère est redevenue pesante.
Je m’en veux de fuir. J’ai hâte de repartir sur Nice. Je sens que je n’aurai pas envie de rentrer les week-ends. Prétextant une masse très importante de travail. Ce qui n’est pas faux. Mais je ne travaillerai pas forcément plus en étant là-bas.
Je devrais essayer de soutenir ma mère. Je ne veux plus. Je ne sais plus. Je ne peux plus.
Je ne me sens déjà pas très bien moi-même. Et j’ai bien vu que cela l’affectait aussi. Je m’en suis voulue quand elle m’a dit qu’elle se faisait du souci pour moi. Je vais faire semblant d’aller bien, d’arriver à travailler sérieusement. À défaut d’y arriver.  Comme d’habitude. Juste me renfermer un peu plus. Dans le leurre.

Il y a des moments où j’ai vraiment l’impression d’avoir une vie pourrie.

Pourtant, il n’y a pas que du négatif.
J’ai un semblant de vie sociale.

So. qui était dans ma classe les deux années précédentes, et qui est encore sur Nice cette année, pas trop loin de chez moi. Celle avec qui je vais à la piscine. Elle m’avait invitée chez elle à partir de vendredi. Et j’y suis même allée, malgré toutes mes appréhensions. Elle me l’avait proposé plusieurs fois (au lieu de rester toute seule dans ma chambre à déprimer le week-end quand je ne peux / veux pas rentrer chez moi.) J’avais toujours refusé, peut-être de peur que cela accentue mon côté « sans-famille ». J’ai déjà trop souvent l’impression de squatter chez les autres.
Mais c’est joli chez elle… Une maison, dans une toute petite ville, près de la forêt, un chat, un chien, une maman sympa, etc. J’ai passé un bon moment.
Je ne regrette pas d’y être allée. ( Mais mes cuisses, mon jean et ma balance si. )

Je me suis fait un nouvel ami aussi. Sy. En fait, je le connaissais depuis un an. De certains cours d’allemand. Il est cube aussi. On s’est vite retrouvés à être les seuls en option allemand. Forcément, ça crée des liens. On habite dans la même résidence. Et il se trouve que nous avons pas mal de points communs. Je n’aurais pas cru.
Du coup, de temps en temps, on se retrouve à travailler ensemble, à discuter autour d’une tisane accompagnée de petits-beurre ou de spéculoos, au choix.

Il y a aussi des côtés moins roses, évidemment. Mais comme j’ai rangé ça dans la catégorie « pas que du négatif », je préfère ne pas m’attarder dessus pour le moment. Une prochaine fois.



Sans transition, je suis allée voir L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford hier soir.
Tout simplement magnifique.
Des acteurs très justes. Casey Affleck surtout. Époustouflant dans son rôle. Son visage, ses intonations, sa voix, ses gestes…
Des images particulièrement belles, presque picturales, auxquelles s’accorde une musique (à laquelle a participé Nick Cave) renforçant la dimension poétique, mélancolique…
Un film long, sans longueurs.
C’était juste beau.
Je ne m’en suis toujours pas remise.


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fiche imdb,
bande-annonce

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dimanche 30 septembre

39. " Help me I'm in Hell "


Je suis aphone.

C’est ma toute première extinction de voix. Un mal de gorge qui a mal tourné.
C’est rigolo, mais un peu ennuyeux quand même.

Comme je ne peux plus vraiment parler, j’en profite pour écrire.


C’est bon, j’ai survécu à la rentrée. Je n’ai pas fini aux urgences la veille, je ne me suis pas fait d’entorse après deux semaines. (Mais j’ai une extinction de voix. Ce n’est pas forcément mieux.)

J’appréhendais, je n’étais pas sûre de mon choix, j’ai eu du mal à m’y remettre. Et pourtant, c’est reparti pour un an. Je n’ai toujours pas arrêté de douter, de me demander pourquoi je me suis ré-engagée là-dedans. Mais ça s’est un peu atténué.


Pour résumer ma situation scolaire actuelle (je l’avais vaguement évoquée quelque part dans un commentaire, mais rien n’était sûr à ce moment) :
j’ai cubé / khûbé, ce qui veut dire que je refais une année de k hâgne, mais en Moderne cette fois, pour préparer le concours de l’E N S de Lyon. sur les conseils de professeur d’Allemand de l’année dernière. “Vous avez tout à fait le profil, les capacités”, m’avait-il dit.  Bien que sceptique quant à cette affirmation, je l’ai écouté. On ne sait jamais.

Par rapport à l’année dernière, c’est complètement différent.
Autre classe, autre effectif (plus du double), autre ambiance, autres profs. Plus de motivation.
Trop de “motivation”. Ma deuxième (et nouvelle) prof d’Allemand me surestime un peu. Avec des phrases du genre : “ Il faut que vous soyez parmi les dix meilleurs germanistes de France.”
Mais ce qui me manquait l’année dernière - entre autres - c’était ça, d’être poussée par les profs. Il ne faut donc pas que je me plaigne.


On va voir comment ça va évoluer. Pour l’instant, je ne suis pas très avancée dans mon travail.
J’ai un devoir d’Histoire à rendre lundi. Et une colle aussi... dans la même matière... sans programme précis, donc tout à réviser) si j’ai la même voix que maintenant, ça va être marrant. :\

En dehors de ces considérations scolaires, il n’y a pas grand-chose.
Si.
Mon emploi du temps étant un peu plus commode cette année, j’ai décidé que j’irai à la piscine au moins une fois par semaine. Il y en a une petite, pas très loin de chez moi. (Le fait qu’il y ait une piscine dans le vieux N ice me fascine.) J’y suis allée trois fois pour l’instant, dont deux avec une copine. (Je fais d’une pierre deux coups : du sport tout en entretenant ma vie sociale.) (alors qu’à la base, j’aurais plutôt préféré y aller tout le temps toute seule.) et je compte continuer.
J’avais oublié combien j’aimais nager. Ça va me faire du bien, sur tous les plans.

Prochaine étape, éventuellement : me décider à travailler régulièrement, sérieusement, efficacement. Que cela devienne une évidence, comme pour la piscine.
Me sortir tous ces parasites qui me pourrissent la tête et réussir à me concentrer un peu plus longtemps. Prendre confiance.

- Ne pas s’avouer vaincue d’avance...

Et, accessoirement, retrouver ma voix. Ce serait pas mal.

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samedi 01 septembre

38. last day.

Voilà. C’est fini. Aujourd’hui était mon dernier jour de travail.

J’avais prévu de faire un petit résumé de tout ce qui s’était passé durant ces deux mois.
On en voit beaucoup, quand on travaille à un guichet en tant que “agent commercial” pour la fameuse entreprise française qui s’occupe de transporter des voyageurs par le train.
(pour certains, cela paraissait un peu obscur, je préfère donc préciser : j’étais à un guichet de la gare de M*naco, et j’ai passé mon temps à informer les clients, et à vendre des billets de train (autant sur du régional que sur les grandes lignes), des abonnements travail, quelques cartes commerciales, etc.)
J’ai une foule d’anecdotes qui se bousculent dans ma tête.

Le problème, c’est qu’en plus d’avoir été la dernière, cette journée a été la pire de toutes. J’ai eu droit à un condensé des trucs les plus chiants que j’ai pu avoir en deux mois. En pire.

Du coup, je suis lessivée. Complètement épuisée. Ça m’a achevée. Je n’ai plus l’énergie pour faire ce “résumé”.

Maintenant, il me reste trois petits jours de  “ vraies ” vacances jusqu’à la rentrée. En sachant qu’il faut que je redéménage à nouveau sur Nice ce week-end, je ne sais pas encore vraiment quand, exactement.

En attendant, je vais essayer d’hiberner un peu.

PS : allez, soyons fous, j'organise un petit pseudo-jeu concours avec plein de lots à gagner... c'est facile, il suffit de répondre à la question suivante (dont vous connaissez peut-être même déjà la réponse, puisque ça circule depuis un certain temps sur la toile. je n'invente rien.) :

à quoi vous fait penser ce logo retourné du Train à Grande Vitesse ?

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mardi 21 août

37. empty inside



Je me sens vide à l’intérieur. Parfois même morte.

Rien de nouveau. C’est juste un peu pire que d’habitude.


C’est peut-être pour cela que je manque (beaucoup) d’inspiration.


Mon temps libre (i.e. quand je ne travaille pas - au moins, ce n’est pas tout le temps, j’ai un peu de répit), je le passe à inhiber mes derniers neurones encore actifs à coup de séries télévisées plus ou moins débiles, de films en abondance (le miracle du cable et du satellite.).
Et en parallèle je erre sans but sur la Toile.
Oui. J’ai poussé le vice assez loin.
Vautrée dans le canapé, télécommandes dans une main, ordinateur sur les genoux, l’autre main consacrée au clavier de l’ordinateur, ou à l’acheminement de choses appelées “aliments” jusqu’à l’orifice qui me sert de bouche lorsque je m’empiffre.
Le regard se promenant d’un écran à l’autre. Sans passion. Souvent focalisé sur l’infini. Dans le vide, comme on dit.

Une activité profondément déconstructive.
Qui absorbe tout éventuel élan créatif, ou n’importe quelle autre initiative.

Couch potato en puissance.
Mais j’ai une excuse.
Une nouvelle (petite) entorse datant d’il y a une semaine.
Je descendais des escaliers dans la vieille ville, et je suis tombée. Je ne sais pas si c’est en glissant, ou en ratant une marche. Le fait est que je me suis étalée par terre, assez bruyamment pour que les gens aux alentours s’arrêtent (de discuter, de marcher) et se retournent vers moi.
J’ai fini par me relever - toute seule -  et je suis repartie en boitant et en pleurant. Pestant intérieurement contre ma cheville malade qui commençait à me faire bien mal.
J’ai fini la journée sur le canapé avec un sac de brocolis congelés sur ma cheville.

Tout cela pour me mettre face à l’évidence : je ne tiens pas debout, au sens propre comme au sens figuré.



p2
Si vous avez l'occasion, n'hésitez pas à regarder Noi Albinoi. C'est un film à voir.


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vendredi 27 juillet

36. [ Plus Folle la Vie...]

Encore quelques semaines difficiles...
Des choses se sont passées.
En particulier cette histoire de déménagement.

Et oui.

Parce qu’en mai ma mère a décidé qu’elle laissait l’appartement où nous étions depuis dix ans.
Pour aller vivre chez son copain.
Toujours le même. Malgré les “faits” relatés précédemment.
Elle avait beaucoup hésité avant de prendre sa décision.
Et après l’avoir prise, elle a beaucoup douté.

Fin juin, je devais donc me préparer à déménager, chez son copain, mais ce n’était pas vraiment sûr. Il y avait toujours des moments où elle sortait l’idée de trouver autre chose, ailleurs.
Une situation future assez floue. Tout ce que j’aime.

À cela, on peut ajouter l’idée du déménagement en lui-même.
Je me suis rendue compte combien j’avais pu accumuler de choses dans ma chambre, au fil des années.
La psy dit que c’était ma façon à moi de me construire les repères que je n’avais jamais eus. Et je pense qu’elle n’a pas tort.
J’ai dû me résoudre à me séparer de certaines choses. Des revues, des bibelots, des choses diverses, des “souvenirs”.
Ça me faisait mal au cœur, au début. Des morceaux de ma vie mis dans des cartons, jetés à la poubelle, ou donnés à quelqu’un.
Au début seulement.
À la fin, j’en ai eu tellement marre, j’aurais presque été capable de tout jeter sans état d’âme.

La première date fixée pour le déménagement était le vendredi 13 Juillet.
Les deux semaines qui précédaient peuvent être qualifiées de chaotiques.
Ce n’était que l’éternelle répétition de disputes et de réconciliations entre ma mère et son copain.
Un jour tout allait bien, et on devait aller chez lui, le lendemain ma mère le quittait pour toujours, ne voulait en aucun cas aller chez lui, et nous étions à la rue. Le lendemain ils se remettaient ensemble, pour se disputer le jour suivant. Etc.
Le fait de ne pas savoir m’a terriblement angoissée.
J’ai été odieuse avec ma mère, parce qu’elle n’était pas dans la mesure de me dire où est-ce que nous irions habiter.

Le déménagement du vendredi 13 a été annulé, nous avons eu droit à une dizaine de jours de répit. Pour trouver quelque chose. Un toit.
Ma mère a posé plusieurs annonces, et a aussi eu le temps de se disputer quelques fois.

En fin de compte, après moultes complications, depuis lundi dernier, nous voilà chez lui. Pour une durée indéterminée.

J’ai une chambre à moi.

Il a un grand appartement, joli, pas trop mal situé. Assez loin de la basilique pour que je n’aie plus peur de me réveiller à cause du bruit des cloches.
Il a une livebox, avec plein de chaînes tv et le wifi. Des atouts non-négligeables.
aha, aha, aha.


Mis à part cela, je ne sais pas trop quoi penser.
Est-ce que j’y crois ?
Est-ce que je peux me permettre de croire qu’entre eux ça s’arrange vraiment, qu’il est vraiment en train de changer ?
Ou est-ce que je dois avoir peur ?
Peur pour ma mère, surtout.
Et accessoirement, peur qu’on doive redéménager bientôt.
Peur de plein d’autres choses.

Pour l’instant, je ne réalise pas trop qu’on ne retournera plus jamais là-bas. Qu’on devrait - normalement - être ici pour un bon bout de temps.

Je préfère rester dans mon état d’engourdissement mental, plutôt que de réellement chercher à savoir comment ça va se passer, ni ce que j’en pense.
Ce n’est pas très courageux. Mais ça me permet de ne pas me sentir encore plus mal.
On se protège comme on peut.



Comfortably numb. again.


FairiesBWWings

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mercredi 11 juillet

35. [inside of emptiness].


La vie, c’est vraiment nul...


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jeudi 28 juin

34. [ ma vie est folle et pleine d’aventures...]

Anecdote.

C’est un dimanche, en fin d’après-midi (ou début de soirée, si l’on veut). J’étais allée voter, pour le premier (et seul) tour des élections législatives et je rentrais chez le copain à ma mère. (oui, toujours le même... mais ceci est une autre histoire.)
En traversant le pont passant au dessus des chemins de fer, j’ai croisé quelqu’un. J’ai cru qu’il avait essayé de me parler, mais je n’avais rien entendu, à cause de la musique sortant de mes écouteurs, et monopolisant mes tympans.
Je me suis vaguement retournée, mais pas assez pour le voir complètement, puis je me suis re-retournée, pour m’apercevoir que ce quelqu’un s’était tourné vers moi, et semblait vouloir me parler.

Je m’arrête, avance vers lui, et retire les écouteurs de mes oreilles.
C’est un jeune, environ 20-25 ans, au physique commun, sans style particulier... un type banal quoi.
Il me demande l’heure. Je fouille dans mon sac, extirpe feu mon téléphone, et lui dis qu’il est 19 heures 15.
Ensuite, il veut savoir si je suis d’ici, et me pose des questions à propos du camping. Vers où il faut aller (il y avait un panneau indiquant la direction juste à côté, et il allait dans dans le mauvais sens.), si c’est loin quand on y va à pieds.
Je n’en ai aucune idée. À vrai dire, je n’y ai jamais mis les pieds.
Il insiste avec son camping, mais je ne sais vraiment pas.
Finalement, aussi naturellement qu’il m’a demandé l’heure, il me fait :

- Et sinon, un plan cul, ça t’intéresse ?

Je ne m’y attendais tellement pas que j’ai juste pu sortir :
- Euh non, pas vraiment.
Sur quoi il est reparti sans rien ajouter d’autre.

Voilà.
Pourtant, j’étais habillée encore moins en fille que d’habitude (c’était dimanche !) (grand t-shirt informe de feu Jane’s Addiction, un jean, et des doc’s.), toute en sueur parce que je marchais et qu’il faisait chaud, mal coiffée, et pas très réveillée (oui, ça m’arrive très souvent, même vers 19 heures). Rien de très aguicheur quoi. J’ai peut-être un sex-appeal secret, caché quelque part. Ou alors, arborant Dave Navarro (et Perry Farrell) sur mon t-shirt, j’étais devenue incroyablement sexy. mouarf.

En tout cas, celle-là, on ne me l’avait jamais faite. Encore moins comme ça, en plein jour, en pleine rue.
Je ne savais même pas que ça se faisait.


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samedi 23 juin

33. [ close the doors, put out the light.]

J’ai l’impression de raconter les mêmes choses de note en note...

Tout le temps qui a passé, le retard que j’ai pris, qui fait que je ne sais plus trop par où commencer et encore moins par où finir.

Une espèce de manque d’inspiration.
Alors que j’ai beaucoup de choses sur le cœur, beaucoup d’idées qui me passent par la tête.
Si je devais écrire toutes les choses rangées dans la catégorie “potentiellement racontable dans mon blog” pendant ce mois et demi, je ne sais pas comment j’y arriverais.

De plus, entre les moments où je me dis “tiens, je pourrais parler de telle chose, ou de telle autre”, il y a aussi ces moments où je m’insupporte et me fais honte, parce que j’ai l’impression que je ne sais que me plaindre.
Je n’aime pas ces épanchements de nombrilisme aigu.

Tout est confus dans ma tête. Je suis incapable de savoir ce que je pense ou ressens. Et ça ne va pas en s’arrangeant.
Je suis complètement perdue. Dans ma tête, dans le temps, dans mes sentiments, dans mon être. Il n’y a que dans l’espace que je ne perds pas le Nord.
Si seulement je pouvais avoir la même boussole à l’intérieur de mon âme !

Parfois, je me demande même si je ne suis pas un peu schizophrène.



Bref passons.

J’ai le projet d’essayer d’écrire un peu plus régulièrement, ça ne me ferait pas de mal, pour ça, entre autres.
Je pourrais convertir mon temps passé à ne rien faire en temps passé à essayer de faire quelque chose d’un minimum plus constructif.
Surtout que maintenant, j’ai la certitude qu’il ne viendra plus lire ces lignes. Les statistiques et l’adresse IP ont été des arguments assez convaincants. Et je pense que je peux lui faire confiance.
Ça me fait déjà une barrière de moins. Je me limite déjà assez comme ça dans ce que j’écris.
D’ailleurs, à son propos, je n’en dirais pas beaucoup (on ne sait jamais...), mais je suis encore plus confuse que sur tout le reste.
Je ne sais pas ce que je veux, je sais encore moins dire ce que je veux, ce que je ressens.
Je me dis souvent, de plus en plus souvent, que ce serait bien mieux d’être seul.
Et j’ai honte de moi, de mon “indécision”.
Toute cette histoire a pris une dimension que je n’aurais jamais osé imaginer.

Autrement, des nouvelles en vrac...
J’ai passé le fameux concours. On a eu le droit à une vraie alarme pendant une des épreuves, mais on ne nous a pas évacués. On nous a simplement dit de sortir d’un côté parce que c’était très toxique de l’autre. Ce fut très rassurant. Le nombre de voitures de camions de pompiers dans la cour et à l’extérieur du lycée fut encore plus rassurant après coup.

Ensuite, j’ai beaucoup fait la larve...
J’ai à la fois l’impression d’avoir été très occupée et de n’avoir rien fait durant ces semaines.
Il y a eu la soirée prépa, la nôtre, celle des littéraires, dans la boîte d’un casino, précédée d’une pré-soirée au goût de vodka chez une amie, suivie d’un gros hangover le lendemain matin. Ce qu’il y a entre les deux reste assez vague, mais j’ai le souvenir d’avoir été joyeuse, c’est le principal.
Il y a eu la nuit blanche le lendemain, chez cette même amie, que nous avons passée à discuter jusqu’à 6 heures du matin.
Il y a eu cette courte après-midi à Cannes, en période de festival (ma première fois là-bas depuis presque dix ans je crois), mais je n’ai pas vu la montée des marches. Il a fallu rentrer.
Il y a eu tous ces films que je suis allée voir, essayant de rattraper tout mon retard cinématographique. Et puis deux block-busters aussi.
Il y a eu la soirée de désintégration, bien arrosée aussi, où j’ai parlé à plus de gens de ma classe qu’en ces deux dernières années.

Et tout cela entrecoupant simplement de gros passages à vide. Parce que je déprime quand même beaucoup.
Par exemple, je ne suis pas du tout retournée en cours. Je n’ai pas réussi. Pourtant, c’était ce que j’avais prévu de faire, à la base.
La seule chose que j’ai vraiment réussi à faire, c’est ne rien faire.


Mais il y a aussi du positif, une chose dont je serais presque fière : trouver mon premier job d’été !
J’avais peur, parce que je m’y suis prise un peu trop tard.
Mais finalement, j’ai eu de la chance.
Je suis tombée sur une annonce, j’ai envoyé ma candidature. (le pire a été de recopier une version manuscrite de propre de ma lettre de motivation - une vraie torture !).
On m’a appelée 10 jours après (alors que je commençais à désespérer), pour me dire qu’on allait probablement me rappeler dans les jours à venir, j’ai eu un entretien, qui s’est relativement bien passé (avec la question piège : citez-moi un de vos défauts, et des qualités. et aussi quelques mises en garde par rapport à la différence qu’il y a entre ma “formation” et ce job), et j’ai été prise.
Là, je sors d’une semaine de formation, assez condensée, mais qui s’est bien passée. Il ne me reste plus qu’une visite médicale à passer, un contrat à signer, et je serai prête à travailler.

M’enfin voilà.

Pour me gâcher cette fin de semaine relativement bonne, il a fallu que je me fasse voler mon téléphone portable et mon portefeuille en même temps, en pleine rue, hier en fin d’après-midi. Tout ça pour me rappeler qu’en vrai, ma vie est nulle à chier et que j’ai plus la poisse qu’autre chose.
Quelque part, un connard s’est retrouvé avec un portable dont il ne tirera pas grand chose (bon, c’était pas une épave non plus, il avait l’appareil photo et quelques fonctions pratiques comme le bluetooth, mais pas beaucoup plus non plus), peu d’argent liquide (à peu près 2,30 euro), une carte bleue à laquelle j’ai pu, ou plutôt à laquelle ma mère a fait opposition quasi instantanément, puisque je me suis rendue compte du vol assez rapidement, et que j’ai paniqué assez remarquablement dans la rue pour que plein de gens s’arrêtent, qu’une dame me prête son téléphone et que je prévienne ma mère.
En gros, ce connard n’a tiré qu’un petit lot, et moi,  d’abord, sur le coup, j’ai pleuré et paniqué comme j’en ai le talent (les gens dans la rue ont dû croire qu’un de mes proches venait de mourir, ou quelque chose dans le genre), et en plus, je dois faire plein de démarches parce qu’on m’a volé des choses importantes. Ce qui me fait vraiment bien chier. (Je suis désolée pour cette vulgarité qui offense peut-être les chastes yeux, mais c’est tout ce que m’inspire cet événement. là, ça commence à me passer, et puis ça m’apprendra à ne pas faire assez attention quand je marche dans la rue.)
Là, la panique, la tristesse et la colère sont un peu passées.

Je me sens surtout très fatiguée, et vidée.
Probablement à cause de ça, de ma semaine aussi, qui était assez intense, et puis de l’éternel “anti-pic” hormonal de parce que je suis une fille.
(Ce matin, les crampes dans le bas-ventre m’ont réveillée vers 6 heures, sans que je puisse me rendormir. c’était un peu ma journée sans.)



Bilan mitigé donc, pour ces quelques semaines passées. On verra pour la suite.
Je reviendrai sur certaines choses plus tard. C’est à peu près tout ce que je peux donner pour l’instant, dans mon état actuel.


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vendredi 11 mai

32. [ black and blue and broken bones ]

Je vous écris en direct depuis Larvaland...


Je ne sais pas trop où je suis.
Quelque part, dans les limbes... perdue dans une autre dimension...

Je vogue. Je me laisse porter.

Je dors, tard. Je me lève, tard. Il me faut plusieurs heures pour me mettre en route. Pour me laver de la fatigue, et de la brume qui encombre mon esprit.
Et il est tard, trop tard.
Et la journée est déjà finie.

Je perds du temps à ne rien faire. Comme toujours.

Depuis quelques jours je m’atrophie le cerveau à ne rien faire. À naviguer sur la toile, à divaguer, à me laisser hypnotiser par des images qui bougent.
Je me laisse griller les quelques neurones qui me restent à coup d’écran, de petit écran.

Je me sens régresser d’heure en heure.

Tout en moi se ratatine.

J’ai une semaine de libre, pour mes révisions.
Une semaine chez moi, sans emploi du temps, rien de précis qui rythme ma journée. (mis à part telle série qui commence à 17h50, et telle autre à 20h25, etc.)
Je pensais retourner sur Nice, dès mercredi, pour essayer de réviser dans l’ambiance studieuse de la bibliothèque (et lire le Spiegel, des bandes-dessinées, des manga), et surtout, ne pas rester chez moi.
(Je dis bien essayer réviser... parce que je n’y crois pas particulièrement, à ce concours. les profs nous ont assez répété que nous n’avions pas le niveau... et que même si, les chances étaient très très très minces... du coup, j’ai perdu l’intérêt de faire des efforts. c’est idiot. — et je ne veux pas non plus tout mettre sur le dos des profs...)


Mais, il y a eu cette entorse...
Dimanche soir, je me suis refait une entorse, à la cheville. (tout ça c’est la faute à Nicolas) (si les choses s’étaient déroulées autrement, nous n’aurions pas fait le même chemin ce soir là, nous ne serions pas passées par ce maudit trottoir, je ne serait pas tombée).
Rien de très grave finalement. Mais comme c’est la troisième en à peine plus d’un an, à la même cheville, le docteur m’a conseillé de garder mon attelle pendant quatre semaines, et de ne pas bouger mon pied.
Une raison de plus pour végéter à la maison.

Ma mère s’est moquée de moi quand j’ai dit que mon mal de cheville m’empêchait de réfléchir, de travailler.
Mais je n’étais pas entièrement de mauvaise foi, il ne faut pas croire.

Quand je suis tombée, tout bêtement, à cause de ce trou dans ce trottoir, j’ai pleuré comme un bébé.
J’ai pleuré, mais pas seulement à cause de la douleur... J’ai pleuré aussi pour évacuer un trop plein de stress, d’angoisse, de mal-être, de plein de choses. Toutes ces choses qui tantôt m’obsèdent, tantôt me sont totalement indifférentes, quand je réussis à les occulter avec assez de force.

Cette cheville qui se tord, ce corps qui se renverse... c’est pour moi un signe que rien ne va plus, que ma vie s’écroule, que je ne tiens plus debout.
Tout fout le camp.
Pour la même raison, j’ai pleuré quand j’ai cassé en les faisant tomber, sans faire exprès, en l'espace de deux semaines, deux tasses (mes préférées), un bol, deux assiettes...
Ma vie en morceaux. Mon âme en morceaux.
Peut-être suis-je jalouse de ces objets, qui ont finalement réussi à finir en miettes.
Je ne rêve que de ça, de me dissoudre, de m’évaporer, de me défaire, de ne plus être, et de laisser place à des atomes et des molécules.
Adieu corps.
Corps qui n’est pas capable de me soutenir.
Corps qui se venge, parce que je le maltraite.
À sa place, je me serais mis en grève depuis longtemps.

Je suis sortie, avant-hier.
Je me suis sentie comme un patient interné dans un asile qui sort pour la première fois depuis longtemps.
Les rues, les gens, les immeubles, tout paraît étranger...
La lumière qui éblouit, comme si on n’avait pas vu le soleil depuis des années.
La peur, l’angoisse de se retrouver parmi des gens pressés, qui se bousculent, ou pire, au milieu d’une horde de lents touristes.
Cet enfant, à cause duquel j’ai failli avoir à nouveau un accident de cheville. Ç’aurait pu être fatal. Mon pied aurait vraiment pu se dévisser.
Mais j’ai réussi à éviter cette boîte tombée de ses mains devant moi, avec un mouvement plus ou moins adéquat. C’était limite...

Mais une fois rentrée, j’ai recommencé à m’abrutir.
Avec, en prime, de quoi grignoter. Car j’ai bien évidemment fait un détour, pour me procurer un peu de came.
Je commençais à devenir folle.
État de manque, plus ou moins.
Il n’y a rien dans cette maison, du moins, rien qui puisse disparaître discrètement. Les pommes n’avaient pas fait long feu. Et le reste, beaucoup trop flagrant.
Par précaution, ma mère n’avait pas acheté de choses à risque. Et le seul paquet de biscuits revenu avec les courses, elle l’avait caché je ne sais où.
La confiance règne.
De toute façon, je n’y aurais pas touché. Je ne me le serais pas permis.
Elle n’a rien compris. Aussi étrange que cela puisse paraître.




Demain est un autre jour.
Je vais essayer de revenir sur terre. De m’extirper de cet endroit où je me perds souvent.

C’est confortable, certes, mais je m’y sens surtout très numb.

Anesthésiée, engourdie. En pause. Écartée du monde réel.

Demain, je vais essayer de me réveiller.
Ça va être dur. Je n’aime pas me faire violence.
Mais je n’aime pas non plus me voir comme ça.
J’ai honte, à vrai dire.
Honte de moi, de ce que je deviens. J’envie tous les gens qui entreprennent des choses, qui réussissent des choses, qui ont de quoi être fiers.
Je ne suis plus rien, je ne fais plus rien. Je ne suis qu’une larve, qui se traîne à travers le temps.



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Posté par froo à 02:09 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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